Le Trail-Running: vers une professionnalisation de la pratique ?

A travers cet article, l’objectif est de faire un état des lieux en terme d’évolution de l’encadrement des athlètes de haut niveau et d’évoquer la possible orientation du monde du Trail-Running vers le monde professionnel. Nous verrons quels avantages mais surtout quels inconvénients pourraient faire émerger une telle prise de position.

Le Trail-Running a encore la chance d’être une discipline peu encadré par de grandes institutions laissant une liberté assez importante aux organisateurs mais aussi aux pratiquants. C’est d’ailleurs cet aspect qui a contribué au développement exponentiel de ce sport.

Dans un premier temps, dans le but de se diriger vers un refus de cette professionnalisation, il convent de mettre en avant les fondements de ce qui résiste au professionnalisme: l’amateurisme. En clair, il me semblerait intéressant, dans cette optique, de rester sur les valeurs de “l’ethos amateur”. Un amateurisme prôné par le sport anglais qui en fait son étendard lors de l’avènement du sport moderne à la fin du 19ème siècle avec l’arrivée des premiers jeux olympiques modernes à Athènes en 1896, cet amateurisme représente certaines valeurs qui pour moi doivent rester celle du Trail:

  • L’activité sportive est une fin en soi: la pratique est le cœur de la motivation qui incite l’individu à pratiquer la discipline, le résultat n’étant que secondaire et complémentaire.
  • La retenue: une humilité exacerbée traduit par une explosion de joie mesurée / contrôlée en cas de victoire et une absence de désappointements en cas de défaite
  • La norme du fair-play: le respect absolu des règles établies et donc l’égalité des chances entre adversaire
  • La finalité: la joie et la satisfaction d’une réussite ne sont pas conditionnées par le résultat
  • La compétition: une confrontation est essentielle pour encourager et accentuer le dépassement de soi, le plaisir

De fait pourquoi ne resterait-on pas dans un sport où chaque pratiquants / athlètes de haut niveau possèdent un métier à côté ou du moins une activité autre que la course à pied. Ces principaux revenus pouvant venir essentiellement de cette dernière mais pas uniquement. Cela pour éviter une complète focalisation sur la carrière sportive pouvant nuire potentiellement à la reconversion et à l’après-carrière de l’athlète.

La principale reproche à cette affirmation pourrait-être: “très bien mais il faut du temps et un investissement total dans sa pratique pour progresser au mieux et atteindre le haut niveau”. A titre d’exemple, beaucoup d’athlètes sont intégrés dans des sections de l’armée de terre qui leur permettent de se libérer du temps pour pratiquer leur activité sportive en contrepartie de participations aux compétitions militaires.

A l’inverse, si la professionnalisation impose la pratique du Trail comme un véritable métier, cela devrait impliquer l’existence d’un véritable statut, comprenant des aides et un salaire fixe. Ce système permettant à l’athlète de se retrouver dans une situation moins anxiogène, plus indépendante et moins redevable face à ses éventuels sponsors. L’intérêt sportif de l’athlète étant mis au premier plan dans le but de tout mettre en place pour favoriser sa réussite. Néanmoins comment “encadrer” et aider ses athlètes professionnels ? Par la fédération française d’athlétisme ? (qui s’impose dans le trail petit à petit…) ; Par la création d’une fédération française de Trail-Running ? Faire appel à une fédération privée ? Certains athlètes (trop peu) bénéficiant déjà d’aide de la part de “sponsors”. Ces derniers n’investissant pas malheureusement concrètement et de manière désintéressé sur les athlètes car y voit principalement une manne économique préférant au passage miser sur ce qu’on appelle les “influenceurs” ou “ambassadeurs” (cf: le trail-running à l’ère du digital).

Pour terminer, selon moi, toutes les valeurs citées au début de l’article pourraient potentiellement être remises en cause avec l’arrivée de la professionnalisation notamment en favorisant: l’arrivée des tricheries, le fait que l’argent et la survie deviendrait le cœur de la motivation ; la victoire ou la meilleure place possible dans le classement deviendrait la seule chose qui compte impliquant donc un calcul permanent et une exacerbation d’une tacticité en course générant une absence de prise de risque et le phénomène de course à la place… (ex: tour de France). Enfin, en ce qui concerne les événements, ne risquerait-on pas de voir apparaître des compétitions réservées seulement aux athlètes professionnels et donc une véritable scission entre monde amateur et monde professionnel ?

En ayant essayer d’établir quels pourraient être les avantages ou les inconvénients d’une éventuelle professionnalisation du Trail (j’ai pour ma part trouver bien plus d’inconvénients et de limites…), le sujet pose encore de nombreuses interrogations et personnellement m’incite à ne pas trancher véritablement sur celle-ci, Cette dernière n’étant à mon avis qu’aux prémisses de futurs débats importants.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Quelle direction devrait prendre le Trail-Running ? Tendre vers une professionnalisation et un encadrement de la pratique ou au contraire rester dans sur un modèle amateur ?

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                                                                  Alexandre Violle

“A vous de forger votre propre vision…”

Pour aller plus loin:

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