Le diplôme: véritable source de légitimité ?

Dans cet article, il sera question d’avoir une vision critique sur l’enseignement scolaire traditionnel et du bout de papier que chaque personne cherche à obtenir pour acquérir une forme de légitimité: le diplôme. Aussi, il sera surtout question de savoir si ce fameux diplôme confère véritablement (encore aujourd’hui) une légitimité à celui qui le possède ? Enfin, nous essaierons de chercher à savoir si ce diplôme constitue véritablement une source de légitimité et un gage de qualité mais surtout de montrer qu’il existe bien d’autres moyens, moins traditionnel d’acquérir et de se forger une véritable légitimité dans ses projets futurs.

Tout d’abord, le diplôme n’est pas nécessairement gage de qualité. Il se caractérise d’ailleurs aujourd’hui par une distance de plus en plus grande entre les compétences qu’il permet d’acquérir et les attentes du marché du travail.

Dans un système de concurrence et de compétition traduit par la notation incessante le mode où, très souvent, seul le fait de répéter et apprendre bêtement quelque chose permet d’avoir une bonne note et donc de répondre aux “exigences” scolaires, il semble difficile de légitimer et certifier les compétences et l’intelligence d’une personne uniquement grâce aux bonnes notes qu’elle obtient et donc au diplôme qu’elle acquiert par ce biais. Il est important de démontrer qu’il existe plusieurs formes d’intelligence et que celle-ci ne se résume donc pas uniquement à la note que l’on obtient comme le système scolaire le fait transparaître. Il faut donc sortir de ce système de notation qui laisse penser à de nombreuses personnes qu’elles sont moins intelligentes que les autres et de fait, favorise le sentiment d’infériorité, de bridage et même parfois de révolte. Ici, il faut éviter à tout prix ce phénomène et comprendre que l’élève qui se retrouve dans cette situation ne répond juste pas aux attentes et exigences du système scolaire.L’école devrait renforcer son rôle d’éducation en favorisant la formation des élèves à faire ce qu’ils aiment faire et ce pour quoi ils sont faits, sans les inhiber et sans faire peser sur eux une pression importante de résultats et de concurrence avec les autres élèves.

Il faut aujourd’hui accepter que l’école n’a pas le monopole de l’éducation. L’école nous forme seulement à faire ce qu’elle attend de nous, créer des moutons, des copies. Les formations ne sont pas faites en fonction des étudiants mais en fonction d’un système cadré et peu évolutif, qui, dans un monde actuel en perpétuel évolution, n’a plus de sens.

Pousser les jeunes à sortir de leur zone de confort, d’une routine angoissante et oppressante (toutes les routines ne le sont pas) qui consiste à se rendre à l’école, écouter quelqu’un parler, rentrer, apprendre ce qu’on à entendu, le recracher le lendemain… Il faudrait consacrer un temps au développement de la motivation chez les élèves, à acquérir une expérience extérieure au cadre scolaire…De plus, pourquoi les élèves ne pourraient pas avoir le choix d’aller vers tel ou tel cours selon ses envies, ses désirs et en fonction de la personne qui retranscrit ce cours: est-ce que je la trouve pertinente et est-ce qu’elle va m’apporter et m’apprendre des choses intéressantes ? Des choses qui me serviront pour plus tard (ou non) mais pour lesquels je trouve un intérêt à l’instant T. Il faut que l’école fasse en sorte de favoriser l’expression et l’affirmation de la personnalité de chaque élève, cette dernière qui fera véritablement la différence sur leur devenir et leur réussite professionnelle mais aussi personnelle. Malheureusement, le système actuel ne permet que très peu d’affirmer sa personnalité car trop normé. Chaque personnalité qui sort du cadre étant très vite bridé, blâmé et réprimé.

L’un des problèmes majeurs que l’on retrouve, et cela dans toutes les étapes du système scolaire est que les formations des diplômes que l’on cherche à acquérir sont trop peu professionnalisantes même s’il existe quelques licences professionnelles.

Tous les diplôme amènent une base théorique voir quelques uns une base pratique avec l’organisation de quelques stages mais cela ne suffit pas, et loin de là, à permettre à l’élève de faire émerger un véritable déclic qui le conduira à suivre une voie relativement bien tracée. Malheureusement, beaucoup d’élèves, encore en master sont encore très scolaire et voit le stage comme un simple moyen de valider son année avec peu de perspectives derrière, les 3/4 des étudiants ou au moins la moitié ne sachant pas encore ce qu’ils veulent faire (voir même dans quel domaine ils souhaitent travailler) en master 1, ce qui n’est pas du tout acceptable.Ici, une remise en question partielle voire globale du système d’éducation serait à entrevoir du moins des programmes imposés aux professeurs. Des cours moins théoriques mais plus pratiques, ludiques accès sur une participation physique et intellectuelle de l’élève en favorisant le développement de qualités comme la créativité, l’inventivité, la curiosité… Pourquoi ne pas déjà commencer par redéfinir la relation enseignant / élève ?

De fait, on peut surtout retenir du diplôme qu’il est un prétexte pour sélectionner les gens, dans certains domaines ce dernier sera discriminant et permettra aux recruteurs d’établir une hiérarchie entre les candidats.

Heureusement, dans d’autres domaines comme celui du tourisme (et j’espère ne pas me tromper), dans lequel j’étudie, pour de très nombreux recruteurs le diplôme ne constitue en aucun cas la source principale du recrutement, la priorité étant donnée aux expériences annexes faîtes à côté du diplôme, sur des expériences personnelles (ex: pratique de telles activités sportives ; voyage dans tel ou tels pays) ou bien professionnelles (ex: prestataires pour une agence de voyage). Toutes ces choses annexes qui vont véritablement définir la personnalité, les motivations et toutes les qualités dont vous ferez preuve si le recruteur décide de vous embaucher. L’élève devrait disposer et être valoriser par ce qu’on pourrait appeler des “indicateurs de crédibilité”, c’est à dire des compléments à votre formation initiale et à votre éducation, tout ce que vous faites en dehors de ces cadres la et qui vous permettent d’être crédible aux yeux des autres, ex: être membre d’une association, avoir un blog, écrire des articles…De plus, à l’heure actuelle, énormément de personnes obtiennent des diplômes élevés (bac +5) créant un nombre incalculable d’étudiants sur-diplômés ne sachant souvent pas quoi faire avec un tel niveau de qualification, ne se préoccupant de leur avenir professionnel et du réel intérêt de suivre une formation que très tard, bien trop tard. Arriver en bac+5 et ne pas avoir de projet clair et défini ou du moins une idée concrète du domaine dans lequel on souhaite s’épanouir professionnellement n’est pas normal et ne devrait pas en être. De fait, le diplôme perd toute légitimité et à lui seul ne permet plus de trouver facilement un travail, discours encore trop peu mis en avant.

Ce n’est pas le diplôme qui forge et caractérise une personne mais les différentes rencontres faites lors de ce processus d’éducation qui permette à l’individu de grandir, d’affiner ses possibilités et d’en ouvrir de nouvelles.

Il faut valoriser l’expérience personnelle, s’intéresser aux trajectoires de vies de la personne, analyser et comprendre ses éventuelles réussites ou échec. Ne pas rester focaliser sur des qualifications, souvent obtenues au rabais du fait d’une formation encore trop scolaire, ne répondant pas ou peu aux attentes de l’étudiant, qui de fait, ne s’investira pas au maximum, en faisant le strict minimum.

Il faut réussir à sortir de cette voie centrale qui consiste à passer les diplômes un par un sans but ni objectif précis la plupart du temps, il faut s’ouvrir au monde, aux alternatives, développer et cultiver sa curiosité, entreprendre lorsqu’on nous dit que c’est impossible, aller là où personne ne nous attend, faire ses propres choix, tenter des choses, répondre à ses envies (ses véritable envies),échouer, se relancer mais ne jamais abandonner… et surtout rester LIBRE !

Pour terminer, deux citations qui me semble très importante de prendre en considération: “la meilleure école est celle que tu te crée” / “J’ai le diplôme de ma passion et de ma curiosité”.Et vous ? Quel cursus scolaire avez-vous suivi ? Selon vous, quel légitimité vous a donné votre diplôme ? N’existe t-il pas une voie différente ? Comment éviter la multiplication des “laissés pour compte” engendré par le système scolaire ? N’hésitez pas à aimer, partager, commenter, questionner si le contenu vous a plus et pour qu’un maximum de personnes puissent y avoir accès pour encourager le débat, les échanges et la réflexion!

                                                                       Alexandre Violle


“A vous de forger votre propre vision…”

Pour aller plus loin:

  • Rudy Coia: “êtes-vous indispensable” sur soundclound
  • Antoine BM “Réussir sans l’école” sur Youtube
  • Tedx: “pourquoi j’ai créé une école où les enfants font ce qu’ils veulent”

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