Jeûner permet-il de vivre mieux ?

Pour ce premier article autour de notre semaine consacré au jeûne, l’objectif sera de vous présenter en détail cette notion, ce qu’elle implique ainsi que ses différentes déclinaisons… Il sera aussi l’objet de casser certaines idées reçues autour de cette notion qui peut parfois faire peur.

Pour être rapide et concis sur une définition du jeûne, celui-ci implique une privation de nourriture dans un temps donné, plus ou moins long, comme nous le verrons par la suite. Le corps pour bien fonctionner à certes besoin d’être actif engendré par des phénomènes d’action (ex: marcher, courir…) mais il a aussi besoin de se reposer. Il est aujourd’hui primordial de rétablir, dans nos sociétés actuelles où notre corps est en action en permanence, un équilibre entre temps d’action et temps de repos. Le jeûne est un outil au niveau de notre alimentation qui vise à rétablir cet équilibre. Lorsque le corps est en action (physique et mentale) on dit que le corps est en mode catabolique c’est-à-dire qu’il détruit et consomme les ressources consommées puis produit des déchets. A l’inverse, lorsqu’il est au repos le corps est en mode anabolique, ce mode favorise l’élaboration des tissus et structure du corps, élimine les déchets, et permet le retour à l’homéostasie (l’équilibre du corps). Le jeûne lui se situe donc dans la phase anabolique. Le jeûne permet une mise au repos digestive du corps. Ce “repos digestif” va engendrait l’élimination des déchets et la régénération des organes de l’appareil digestif (intestin, estomac, côlon…). Ici, plus le repos sera important et plus ces phénomènes seront accentués. Le corps va donc procéder à son nettoyage et s’alimenter tout seul pour maintenir l’approvisionnement et le bon fonctionnement des cellules en consommant toutes les toxines de notre corps, inadéquat au corps pour ne garder que le meilleur.Il existe de très nombreux types de jeûnes: intermittent (méthode 16/8 ; 5/2 ; 1 jour sur 2), thérapeutique, à sec… Chacun de ses jeûnes contient ses spécificités propres (voir cet article). Pour prendre 2 exemple et rendre plus concret l’article, concentrons nous sur le jeûne intermittent (1) et le jeûne à sec (2).1) Comme dit plus haut, le jeûne intermittent peut prendre plusieurs formes:

  • S’alimenter normalement pendant 5 jours puis réduire de 75% notre apport calorique les 2 derniers jours
  • Consommer 500kcal par jour répartie sur 2 repas (méthode 5/2)
  • Jeûner entre 20h et 12h soit pendant 16h donc ne pas prendre de petit déjeuner (méthode 16/8)
  • Soit on jeûne pendant 23h et on ne fait qu’un repas par jour très souvent le soir

Alors cette méthode apporte t-elle réellement des bénéfices sur notre santé au quotidien ?

Pour répondre à cette question, on peut faire apparaître à première vue, les bénéfices qu’on pourrait retirer en utilisant cette pratique:

  • Réduire le nombre de repas réduit l’apport calorique donc peut entraîner la perte de poids car la compensation sur 2 repas est difficile, entraînant donc la baisse de l’apport calorique quotidien. Néanmoins, lorsque l’objectif n’est pas de perdre du poids, il semble important de réussir à maintenir un même nombre de calories sur 2 repas.
  • Permet de conserver l’énergie qui ne sera pas capté par l’effort de digestion, ce dernier étant très énergivore.
  • D’un point de vu pratique, il permet de diminuer le temps que l’on passe à manger générant un gain de temps pour faire autre chose
  • Il permettrait de réguler l’appétit et vient contrer l’idée: “plus on mange plus on a faim” qui devient “moins on mange, moins on a faim”.
  • Le jeûne permet d’habituer son corps à limiter son besoin d’apport en nourriture et surtout à re-découvrir le sentiment de faim. Dans notre rythme occidental de prise de repas, on s’impose souvent de manger alors même que nous n’avons pas forcément faim.

De plus en plus d’études émergent sur le sujet et rendent compte d’une réelle efficacité de ce type de régime. Malgré tout, il reste très important et intéressant d’expérimenter soi même pour se faire son propre avis.

2) Le jeune à sec

A contrario du jeune à l’eau (voie traditionnellement choisie lorsqu’on expérimente le jeûne pour la première fois), le jeune à sec permettrait une perte de poids et une détoxification du corps beaucoup plus rapide. Effectivement, le corps quand il se retrouve en manque d’eau va aller chercher cet eau dans les réserves de lipides (100g de lipides libérerait 110g d’eau). Le manque d’eau va permettre aux corps de brûler des graisses beaucoup plus rapidement, cela va donc accélérer le phénomène de lipolyse (que nous verrons plus en détails demain). En résumé: on brûle des graisses pour produire de l’eau et ainsi maintenir un niveau d’eau suffisant dans le corps. Cela va aussi permettre d’accélérer la production de corps cétoniques par le foie. Cette production que l’on appelle la cétogenèse intervient généralement après plusieurs jours de jeûne et va permettre au corps, par la sécrétion de corps cétoniques de constituer un “carburant alternatif au glucose” nous permettant de fournir de l’énergie.

Quels avantages pourrait-on alors tirer du jeûne sec ?

  • Le jeûne sec aurait des effets anti-inflammatoires pour les personnes chroniquement fatiguées ne produisant plus assez de cortisol, l’hormone régulatrice de l’inflammation. Ici, le jeune sec sera un moyen de désenflammé les parties inflammatoires du corps.
  • Le jeûne sec favoriserait la santé métabolique en favorisant la régulation des taux de cholestérol et de glycémie dans le sang.
  • Le jeûne à sec produit les même effets que le jeune à l’eau mais sur des temps moins longs. Cela permet de pratiquer des jeunes plus courts.

Le jeûne, par la mise au repos du système digestif permettrait à celui-ci de se régénérer mais aussi d’augmenter son efficacité lorsque l’on va réapprovisionner notre corps en nourriture permettant ainsi une meilleure assimilation des aliments et un meilleur approvisionnement de nos cellules qui seront donc mieux nourris.

Enfin, dernier questionnement et qui peut avoir son importance notamment chez les sportifs: Qu’en est-il de l’effet du jeûne sur les protéines ? Est-ce que nous perdons du muscle de manière importante lorsque nous jeûnons et que nous ne rapprovisionnons plus en protéines ?

Il semblerait que la réponse soit non si durant la période de jeûne, on continue de stimuler nos muscles. Le corps va alors économiser les protéines précédemment ingérées. La destruction des protéines, qui fait effet en temps normal (on brûle constamment des protéines) va stagner pour en économiser une certaine dose nous permettant de maintenir notre masse musculaire.

Enfin, pour conclure, mon premier conseil serait déjà, comme j’essaye de le montrer dans les différents articles de cette rubrique, de commencer par bien manger, en sélectionnant des bons aliments (bio, circuits courts), en privilégiant les fruits, les légumes pour les micronutriments, les aliments à index glycémique faible, une construction de votre assiette organisée avec des lipides, glucides et protéines pour les macronutriments… (pour plus de détails je vous invite à relire mes précédents articles dans cette rubrique).

Pour ceux qui voudraient expérimenter le jeûne, il faut faire très attention surtout si vous avez l’habitude de manger abondamment et des aliments très sucrés. Cela pourrait avoir des effets totalement contre-productifs. Commencez donc très progressivement par le jeûne intermittent en sautant le petit-déjeuner par exemple. C’est la méthode que j’utilise et qui me semble la plus facile à mettre en place et la moins contraignante (je parlerai plus longuement de mon expérience personnelle ce vendredi dans la rubrique [Visions de Développement Personnel]).

Et vous ? Connaissiez-vous le jeûne ? Si oui, quelles idées reçues aviez-vous dessus ? L’avez-vous déjà expérimenter ? Sous quelle forme ? Quels bénéfices ou pertes en avez-vous perçus ?

Demain, dans la rubrique [Visions de course à pied], nous entrerons plus en détails sur la notion de jeûne lorsqu’elle est reliée au sport et plus spécifiquement à la course à pied. N’hésitez pas à aimer, partager, commenter, questionner si le contenu vous a plus et pour qu’un maximum de personnes puissent y avoir accès pour encourager le débat, les échanges et la réflexion!

                                                                Alexandre Violle

“A vous de forger votre propre vision…”

Pour aller plus loin:

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