La Passion

Est-on addict au sport et à une pratique particulière ou sommes-nous simplement des passionés pour qui la pratique du sport est indispensable ? 

📜 C’est l’un des questionnements auquel tente de répondre Jean-François Dortier dans son excellent livre “après quoi tu cours?”.
Pour lui le terme d’addiction (bigorexie pour le sport) et comme il l’est définit par les addictologues se limitent aux personnes qui vivent leur dépendance comme une souffrance et cherche à s’en débarrasser. Ce dernier préfère donc y donner le sens de passion. Ce même terme que Vallerand définit comme “une forte inclinaison envers une activité que les individus aiment, qu’ils trouvent importante et dans laquelle ils investissent temps et énergie de manière considérable”.

Dans son ouvrage, J-F Dortier fait émerger 2 types de passion:

▪️La passion harmonieuse: l’individu considère son activité comme importante mais se sent libre de la pratiquer sans contrainte.

▪️La passion obsessive: l’individu organise entièrement sa vie autour de son activité et peut parfois se sentir prisonnier de celle ci.

Ces 2 passions se distinguent par le processus par lequel l’activité passionnante à été intériorisée dans l’identité de l’individu.
La passion obsessive résulterait d’une intériorisation contrôlée provenant d’une pression intra et/ou interpersonnelle à s’engager dans l’activité (soit par rapport au sentiment d’acceptation sociale, d’estime de soi ou à l’excitation liée à l’activité).
La passion harmonieuse résulterait elle d’une intériorisation autonome de l’activité issu d’un engagement libre en l’absence de toute contingence.

Comme l’explique l’auteur, les 2 passions favoriseraient la performance mais seule la passion harmonieuse paraîtrait favorable à un bon état psychologique car elle permettrait d’avoir une pratique plus réfléchie avec la mise en place de stratégies centrées sur les imperfections ou encore sur la prévention des blessures.

Depuis ma première course qui marqua mon entrée dans un processus passionnel avec la course à pied et le trail, ce dernier est devenu un véritable mode de vie qui influence de manière prépondérante mon parcours de vie depuis 4 ans maintenant et en dicte les initiatives et projets (comme la création de cette page). Pour moi, le trail-running et le sport en général ne représentent pas simplement une activité physique mais un véritable mode de vie, un univers et une passion qui rend la vie plus belle”

Ce processus est propre à l’activité sportive, à ce qu’elle représente socialement et encore plus la course à pied où le mythe du marathon fait apparaître ceux qui le terminent en véritable héros. Phénomène accentué aujourd’hui par la démocratisation de l’ultra-trail qui vu de l’extérieur et d’un oeil “inconnu” peut paraître fou et insurmontable mais vu de l’intérieur ce défi devient réel et réalisable. Le trail défend des valeurs de partage de générosité d’entraide, de dépassement de soi, difficile à retrouver dans la pratique des autres sports, c’est pour cela que tant de personnes aiment se retrouver le week-end sur les courses, que tant de gens se mettent à courir et à vouloir découvrir cette émulation qui entoure la pratique du trail et de la course à pied et de fait, favorise la multiplication de véritable passionné amoureux de ce véritable écosystème.

Et vous alors, addict ou passionné ? Passion harmonieuse ou passion obsessive ?

✍️ Alexandre Violle

——————————–

Pour aller plus loin:
-Article du 27 Juillet sur la motivation – partie 2
-Jean-Francois Dortier “après quoi tu cours”
-Charles-Martin Krumm: “psychologie, pédagogie et santé du sportif”

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *