La motivation – Partie 2

Pour poursuivre cette série d’articles sur la motivation, après avoir vu la théorie de l’auto-détermination de Deci et Ryan (cf: article du 20 Juillet), place aujourd’hui à la théorie des buts d’accomplissements et à la théorie des stratégies motivationnelles de Nicholls.

1) En ce qui concerne la théorie des buts d’accomplissement, Nicholls définit ces derniers comme des buts orientés sur l’égo ou sur la performance. Ici, “l’individu montre son habileté en établissant sa supériorité vis-à-vis des autres en engageant un processus de comparaison par l’utilisation de critères socialement référencés” (ex: taille, âge, sexe…). Ces buts peuvent aussi être qualifié de but orienté sur la tâche, sur la maîtrise et le progrès personnel, ici par l’utilisation de critères autocentrées (ex: performance, progression, temps réalisé…). Nicholls va identifier 4 buts principaux qui vont influencer directement votre motivation:

  • Le but d’approche de la maîtrise: comprendre et maîtriser la tâche
  • Le but d’évitement de la maîtrise: la peur de ne pas maîtriser la tâche
  • Le but d’approche de la performance: démontrer ses compétences à travers la tâche effectuée
  • Le but d’évitement de la performance: la peur de montrer ses incompétences.

Ensuite il détermine plusieurs facteurs qui influenceraient la formation de ces buts d’accomplissements:

  • Les facteurs développementaux (ex: l’individu va faire une distinction entre effort et habileté et va privilégier les sports de compétitions lorsqu’il se sent habile et à l’aise et inversement, laisser de côté les sports où il aura peu d’habiletés) ;
  • Les facteurs différentiels: vient des différents contextes auxquels l’individu a été confronté, peut aussi venir du sexe: on remarque que les garçons seraient plus investis sur l’ego et la compétition alors que les filles sur la tâche et l’atteinte des objectifs sans comparaison interindividuelle ;
  • Les facteurs contextuels: vient du contexte familial qui peut s’intéresser à la performance de l’enfant et à son attrait pour la compétition ou seulement à son épanouissement sans se soucier des résultats.

2) D’un autre côté, Nicholls va développer une théorie complémentaire à celle analyser juste avant en développant la théorie des stratégies motivationnelles. Il en distingue 2 stratégies majeures:

  • Les stratégies anticipatrices: stratégies d’auto handicap ayant pour logique de se trouver des excuses pour attribuer sa performance à autre chose qu’à une mauvaise habileté. Cette stratégie va souvent faire appel à ce qu’on peut appeler le “pessimisme défensif”. Du fait d’un manque de confiance en soi et d’une prévision d’échec, l’individu va redoubler d’effort.
  • Les stratégies réactives: stratégie consistant à attribuer son échec à des causes externes (ex: terrain technique) et instables (ex: forme du moment) ou sa réussite à des causes internes (ex: ma préparation physique) et stable (ex: sa paire de chaussure favorite) dans le but de préserver son estime de soi.

Ces deux stratégies bien différentes mettent en avant 2 types de comportements. Dans chacun des cas, des problèmes subsistent. Dans la première le manque marqué de confiance en soi empêche un épanouissement total dans la pratique alors que dans la deuxième, le manque de remise en question constitue un facteur limitant qui va nuire à la progression et à l’évolution positive de l’individu dans sa pratique. La situation optimale pourrait être une situation que Jean-François Dortier appelle le “flow“. Cette situation se caractérise par l’état dans lequel se trouve un individu lorsqu’il y a perception d’un équilibre parfait entre compétences personnelles et exigences de la tâche. Cette dernière peut se caractériser par 6 choses: une pleine concentration, la fusion mentale entre soi et la tâche effectuée, la distorsion du temps, la sensation de contrôle et de facilité, la satisfaction générale de faire ce que l’on aime.

Pour conclure sur le sujet de la motivation et en essayant de surpasser l’aspect purement théorique, il en ressort pour moi différents enseignements: Il faut être capable de faire et de réaliser ce qu’on a envie de faire tout seul sans attendre l’amont de telle ou telle personnes. Cela nécessite généralement de sortir de sa zone de confort en se dirigeant vers une situation inconnue. Il faudra alors trouver un “challenge” au juste milieu entre la gestion de sa peur de l’inconnu et un degré de peur suffisant pour se forcer à franchir le pas et ne pas inhiber cette envie de découverte.

Aussi, il faut réussir à trouver ses propre motivations à partir de soi, de ses propres choix, de sa motivation intrinsèque et ensuite approfondir ou maintenir cette motivation par de la motivation extrinsèque (cf: article du 20 Juillet).Enfin, selon moi, une motivation intrinsèque importante (ex: retrouver la forme) vous poussant à pratiquer telle ou telle activité finissant au fur et à mesure par vous procurer et faire émerger en vous toutes les choses à réunir pour vivre la sensation de “flow” (expliqué plus haut) va faire que cette pratique va devenir une véritable passion, de laquelle il vous sera difficile par la suite de vous défaire.

Dans chaque activité que vous exercer, il convient de vous poser 3 questions essentielles: pour qui je fais ça? Pourquoi je fais ça? Qu’est-ce qui me motive à faire ça?

Fin de cette série de 2 articles sur la motivation, dès la semaine prochaine, 18h, vous retrouverez un nouvel article dont le sujet sera: “l’importance de la pratique”. Bonne fin de semaine

🙂 N’hésitez pas à aimer, partager et questionner si le contenu vous a plus, pour qu’un maximum de personnes puissent y avoir accès, pour encourager le débat, les échanges et la réflexion!

                                                                       Alexandre Violle 

L’objectif n’est pas de dicter vos actions mais de les accompagner en vous donnant des éléments de compréhension dans le but de vous forger votre propre vision”

                                                                       

————————Pour aller plus loin:

  • Article du 20 Juillet: “la motivation – Partie 1”
  • Charles-Martin Krumm: “psychologie, pédagogie et santé du sportif”
  • Charles-Martin Krumm: Et si la force était avec vous?: https://www.youtube.com/watch?v=6oxTm9emURE
  • Jean-Francois Dortier “après quoi tu cours”

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